1. Objectifs généraux de formation
Que ce soit par le travail de mémoire, l’oubli ou encore par l’omission, l’histoire permet de s’interroger sur les certitudes et incertitudes présentes et passées, de nourrir le consensus ou la controverse et de se construire une identité propre comme de reconnaître celle des autres. La pensée historique met en lumière l’historicité des phénomènes politiques, économiques, sociaux et culturels. Au travers des leçons d’histoire, les élèves apprennent comment l’être humain produit, façonne et transforme les sociétés et les cultures.
L’enseignement de l’histoire au gymnase porte sur l’histoire qui a construit le présent des élèves en Suisse et dans le monde. Se trouvant confrontés à l’altérité du passé, ils explicitent les continuités comme les ruptures et étudient les causalités des événements historiques. La prise de conscience de l’historicité qui en résulte leur permet de mieux saisir les conditions et contingences du présent. Les élèves comprennent que les conditions actuelles ne peuvent pas être appliquées au passé, et que celui-ci forme plutôt un espace de résonance qui élargit leur perception du présent. Ils explorent différentes possibilités pour l’avenir et développent une représentation différenciée d’eux-mêmes, des autres et du monde. Au travers de l’enseignement dispensé, ils se constituent des connaissances sur divers événements et différentes époques dans le but de découvrir des continuités et des ruptures. Ils s’approprient les méthodes de la discipline historique en apprenant à interroger l’histoire, à porter un regard critique sur les sources et les formes de représentation ainsi qu’à présenter les choses de manière autonome, remplissant par là même les conditions essentielles de l’aptitude générale aux études.
Le PEC définit des compétences qui permettent aux élèves d’appréhender le passé en regard de leur présent. Il se compose de trois domaines de formation qui doivent être mis en relation les uns avec les autres : il s’agit des «méthodes», des « continuités et ruptures dans l’histoire » et enfin de l’« éducation à la citoyenneté ». Le premier domaine de formation définit les méthodes à appliquer pour acquérir des connaissances historiques. Le deuxième domaine de formation porte sur huit domaines nécessaires pour identifier les continuités et les ruptures observables entre le passé et le présent au sein de contextes historiques politiques, économiques, sociaux et culturels. Ce regard sur le présent requiert une réflexion visant la mise en lien avec le présent des élèves, que l’on obtient par une approche génético-chronologique, mais aussi des comparaisons historiques ou des analyses diachroniques et synchroniques.
Se fondant sur cette mise en lien avec le présent, le troisième domaine de formation, relatif à l’éducation
à la citoyenneté, donne aux élèves les outils et les moyens de s’exercer à la formation d’opinion, à la réflexion, à la discussion et au débat, de même qu’à la participation. Pour définir les thèmes à traiter, il convient de choisir des domaines partiels parmi les trois domaines de formation définis, de veiller à leur cohérence et à leur mise en lien et de les concrétiser par des événements et des processus historiques appropriés.
2. Contribution de la discipline à l'encouragement des compétences transversales
2.1. Compétences méthodologiques transversales
Les titulaires d’un certificat de maturité gymnasiale sont capables :
d’identifier les différents facteurs ou variables qui sont importants pour une situation, une problématique ou un système complexe ; de déterminer leurs influences réciproques et les liens de corrélation entre eux, d’évaluer leurs effets respectifs et d’estimer l’impact qu’entraîneraient des changements dans les différents éléments ainsi isolés (pensée en réseau) ;
de se faire une opinion de façon réfléchie et autonome sur des faits en procédant à des évaluations et des analyses différenciées et en tirant des conclusions, et de savoir identifier leurs propres arguments comme ceux des autres (pensée critique) ;
de maîtriser les stratégies de recherche (internet, médiathèque, bibliothèque) ainsi que d’évaluer de manière critique et de réutiliser les sources d’information comme les résultats de recherche (techniques de travail pour la recherche d’informations et l’utilisation de ressources).
2.2. Compétences personnelles
Les titulaires d’un certificat de maturité gymnasiale sont capables :
– de remettre en question, à l’aide des concepts et des méthodes de la discipline historique, une réflexion sur euxmêmes et leurs idées, ainsi que leurs positions politiques, afin de développer une perspective plurielle (réflexion sur soi) ;
– de décrire et de comprendre les normes et les valeurs à l’origine de leurs propres actions et de celles des autres, d’y réfléchir, ainsi que de se constituer leur propre système de valeurs de manière nuancée (compétence normative).
2.3. Compétences socio-communicatives
Les titulaires d’un certificat de maturité gymnasiale sont capables :
– de percevoir et d’interpréter correctement les différents aspects liés à la situation de communication (climat de discussion, conditions générales d’énonciation) et les composantes des énoncés verbaux et non verbaux des interlocuteurs et interlocutrices (contenu factuel, aspects relationnels, émotions, intentions, effets de sa propre communication) (aptitude à interpréter) ;
– de réfléchir et de se construire une opinion de manière réfléchie, de parvenir à leurs propres conclusions de manière autonome et de savoir faire preuve de résistance face à l’influence sociale exercée par des tiers en position d’autorité, des pairs et des groupes d’intérêts exprimant des opinions (indépendance relative).
3. Contribution de la discipline aux compétences disciplinaires de base constitutives de l'aptitude générale aux études
3.1. Contribution de la discipline aux compétences de base constitutives de l'aptitude générale aux études dans la langue d'enseignement
Les titulaires d’un certificat de maturité gymnasiale sont capables :
de décrire la structure d’un texte historique (sources et représentations) ainsi que de restituer et d’analyser les différents éléments de l’argumentation ;
d’analyser les éléments linguistiques employés par différents médias (sources et représentations) ;
de planifier et de structurer des textes, ainsi que de s’exprimer de manière appropriée à la situation (ajustement de la perspective) ;
d’utiliser de manière ciblée les médias d’information, les bibliothèques ou médiathèques et les offres présentes sur internet ;
de réunir et de combiner des informations provenant de différentes sources et représentations
de tirer des conclusions autonomes à partir de textes ou de discussions ;
d’argumenter de manière claire, compréhensible et plausible ;
d’adopter leur propre point de vue et de savoir le justifier par des arguments plausibles ;
de rédiger des textes pour différents types de médias ;
de citer correctement des sources et la littérature spécialisée.
3.2. Contribution de la discipline aux compétences de base constitutives de l'aptitude générale aux études en mathématiques
4. Autres domaines transversaux de l'enseignement
4.1. Propédeutique scientifique
L’enseignement de l’histoire vise à promouvoir la pensée historique dans une perspective de propédeutique scientifique :
Les élèves élaborent leurs propres problématiques, appliquent la critique des sources et évaluent de manière critique les représentations (scientifiques et non scientifiques).
Ils situent les événements dans une chronologie, analysent les continuités et discontinuités, les relations de causalité et de contingence, et inscrivent l’histoire dans l’espace. Il en résulte des récits autonomes, fondés sur des faits.
Ils identifient l’évolution et l’importance des sciences depuis l’époque moderne.
Dans l’ensemble, ces compétences renforcent la propédeutique scientifique en permettant un travail analytique, méthodique et réflexif sur le passé et le présent.
4.2. Numérique
L’enseignement de l’histoire favorise la compréhension de la science et de son développement, ainsi que des transformations des médias. Les élèves analysent le rôle de l’espace public et de l’information et évaluent l’importance du numérique pour le présent, en retraçant les évolutions historiques des formes de savoir et de communication et en les soumettant à une réflexion critique.
4.3. Interdisciplinarité
L’enseignement de l’histoire favorise l’interdisciplinarité en articulant des perspectives historiques, géographiques, politiques et scientifiques. Les élèves analysent les interconnexions globales, les ordres internationaux ainsi que les conflits et les processus de paix, tout en examinant les évolutions médiatiques et la communication publique. Il en résulte une compréhension systémique des interactions entre espace, savoir et société, ainsi que de l’importance des développements scientifiques pour le présent. Exemples :
Géographie : Dans l’enseignement de l’histoire, les événements historiques sont mis en relation avec des réalités spatiales afin de mieux comprendre les rapports de pouvoir, les migrations et les interconnexions globales.
Économie : Les évolutions économiques telles que l’industrialisation, le commerce ou les crises sont analysées dans une perspective historique afin d’expliquer leurs effets à long terme sur les sociétés.
Physique : Dans l’enseignement de l’histoire, les découvertes scientifiques et les technologies issues de la physique sont analysées dans leur contexte historique afin de comprendre leur influence sur les rapports de pouvoir et les transformations sociales.
Philosophie : Réflexion sur les idées, les concepts et les courants intellectuels : visions du monde, conceptions de l’être humain et questions morales dans leur évolution historique.
4.4. Éducation au développement durable
L’enseignement de l’histoire aborde le développement durable en analysant, dans une perspective historique, la justice sociale, les processus économiques ainsi que les relations entre l’être humain et l’environnement. Les élèves étudient les notions de liberté, d’inégalité et d’émancipation, ainsi que les formes de production et de consommation. Dans le contexte de l’Anthropocène, ils réfléchissent ainsi aux conséquences à long terme de l’action humaine.
4.5. Éducation à la citoyenneté
L’éducation à la citoyenneté est un élément clé de l’enseignement de l’histoire :
Il permet aux élèves de comprendre les processus sociaux et politiques sur des bases historiques solides et de les analyser de manière critique.
Ils examinent les notions de liberté et d’égalité, ainsi que les formes d’inclusion et d’exclusion, et se confrontent aux processus de démocratisation et à leurs limites.
Parallèlement, ils identifient les défis autoritaires et totalitaires auxquels sont confrontées les sociétés démocratiques.
L’analyse des interdépendances globales, des évolutions économiques et des enjeux écologiques dans le passé et le présent contribue à l’élaboration d’une compréhension politique globale.
Les élèves développent leurs propres jugements, situent leurs positions dans le spectre politique et participent de manière réfléchie aux discussions.
L’éducation à la citoyenneté se manifeste enfin dans la capacité à comprendre les institutions et à participer activement à la construction du présent et de l’avenir.
5. Domaines de formation et compétences disciplinaires
Dotation horaire
| Années | 1ère année | 2ème année | 3ème année | 4ème année |
|---|---|---|---|---|
| Nombre de leçons par an | 2 | 2 | 2 | 2 |
Tableau des compétences
| Structure primaire | Structure secondaire | |
|---|---|---|
| Domaines de formation et domaines partiels | Compétences disciplinaires PEC | Domaines d'enseignement transversaux |
| 1. Méthodes et approches | Les titulaires d'un certificat de maturité gymnasiale sont capables de: | |
| 1.1 Questionnements historiques |
|
PS |
| 1.2 Critique des sources |
|
PS |
| 1.3 Critique des représentations |
|
PS |
| 1.4 Chronologie et époques |
|
PS |
| 1.5 Causalité et contingence |
|
PS |
| 1.6 Espaces |
|
PS ID |
| 1.7 Récit historique |
|
PS |
| 2. Continuités et ruptures dans l’histoire | Les titulaires d'un certificat de maturité gymnasiale sont capables de: | |
| 2.1 Liberté et égalité |
|
EDD EC |
| 2.2 Démocratie |
|
EC |
| 2.3 Enjeux pour les sociétés démocratiques |
|
EC |
| 2.4 Réseaux et conflits |
|
ID EC |
| 2.5 Économie |
|
EDD EC |
| 2.6 Nature et culture |
|
EDD EC |
| 2.7 Rôle des sciences |
|
PS NUM ID |
| 2.8 Médias |
|
NUM ID |
| 3. Éducation à la citoyenneté | Les titulaires d'un certificat de maturité gymnasiale sont capables de: | |
| 3.1 Politique |
|
EC |
| 3.2 Acteurs |
|
EC |
| 3.3 Discussions et débats |
|
EC |
| 3.4 Institutions et participation |
|
EC |
6. Orientations méthodologiques et didactiques
Que ce soit par le travail de mémoire, l’oubli ou encore par l’omission, l’histoire permet de s’interroger sur les certitudes et incertitudes présentes et passées, de nourrir le consensus ou la controverse et de se construire une identité propre comme de reconnaître celle des autres. La pensée historique met en lumière l’historicité des phénomènes politiques, économiques, sociaux et culturels. Au travers des leçons d’histoire, les élèves apprennent comment l’être humain produit, façonne et transforme les sociétés et les cultures.
L’enseignement de l’histoire au gymnase porte sur l’histoire qui a construit le présent des élèves en Suisse et dans le monde. Se trouvant confrontés à l’altérité du passé, ils explicitent les continuités comme les ruptures et étudient les causalités des événements historiques. La prise de conscience de l’historicité qui en résulte leur permet de mieux saisir les conditions et contingences du présent. Les élèves comprennent que les conditions actuelles ne peuvent pas être appliquées au passé, et que celui-ci forme plutôt un espace de résonance qui élargit leur perception du présent. Ils explorent différentes possibilités pour l’avenir et développent une représentation différenciée d’eux-mêmes, des autres et du monde.
Au travers de l’enseignement dispensé, ils se constituent des connaissances sur divers événements et différentes époques dans le but de découvrir des continuités et des ruptures. Ils s’approprient les méthodes de la discipline historique en apprenant à interroger l’histoire, à porter un regard critique sur les sources et les formes de représentation ainsi qu’à présenter les choses de manière autonome, remplissant par là même les conditions essentielles de l’aptitude générale aux études.
6.1. Dispositifs temporels, formats d'enseignement et d'apprentissage
L'enseignement de l'histoire s'inscrit dans le cadre de cours réguliers et s'étend sur différentes périodes, ce qui permet à la fois un apprentissage continu et une réflexion approfondie sur des questions historiques. Outre les cours spécialisés, des phases de projet, des excursions, des sessions intensives ou des modules thématiques peuvent être prévus afin d'approfondir des contextes historiques et politiques complexes.
Les formats d’enseignement et d’apprentissage sont variés et s’orientent vers les objectifs d’apprentissage ainsi que vers les compétences disciplinaires et méthodologiques à développer. Ils peuvent notamment inclure des discussions en classe, des travaux individuels, en binôme ou en groupe, un apprentissage axé sur des projets et la recherche, ainsi que des phases de travail autonome. Des environnements d’apprentissage numériques peuvent être utilisés en complément.
L’apprentissage extrascolaire complète l’enseignement de l’histoire par des offres pédagogiques enrichissantes qui mettent notamment en évidence les liens entre l’histoire locale, régionale, nationale et mondiale et permettent de les expérimenter. Des projets interdisciplinaires et des coopérations avec d’autres disciplines peuvent contribuer à l’approfondissement de thèmes historiques et politiques.
L'organisation du temps d'enseignement tient compte à la fois de l'étude des contenus historiques fondamentaux et d'une analyse approfondie des enjeux actuels et politiques aux niveaux local, régional et mondial, qui sont abordés en mettant en évidence leurs origines historiques.
6.2. Évaluation fondée sur les compétences
L'évaluation en histoire s'appuie sur les compétences disciplinaires, méthodologiques et transversales à développer. Elle prend en compte à la fois les processus d’apprentissage et les acquis et s’appuie sur des exercices variés et axés sur la pratique. Ces formes d’évaluation permettent particulièrement bien aux élèves de mettre en évidence et d’appliquer les compétences acquises. L’évaluation porte notamment sur la capacité des élèves à formuler des questions historiques, à exercer un regard critique sur les sources
et les représentations de manière systématique, ainsi qu’à élaborer des analyses historiques autonomes.
Exemples de formes d'évaluation axées sur les compétences :
Analyse et interprétation de sources et de représentations historiques (différents types de supports tels que sources textuelles, sources iconographiques, films, affiches, caricatures, cartes, etc.)
Présentations écrites ou orales sur des questions historiques
Création de frises chronologiques portant sur différentes époques et différents lieux
Projets et travaux de recherche sur des questions historiques, des problématiques politiques, des personnalités historiques, des lieux ou des événements, entre autres
Discussions et prises de position sur des questions historiques, des controverses ou des enjeux politiques en tenant compte de différentes perspectives
L’évaluation est transparente et compréhensible, elle repose sur des critères clairement définis et aide les apprenants à développer leurs compétences historiques.